Jeudi 20 août 2009


On se comprend mal sans partager ce qu'on a chaussé. On cherche parfois conciliation en terrain moins connu. On conteste toutes les prises de ce qu'on a détourné. On fraye le trouble des valeurs trop déterminées. On greffe le quotidien d'une épaisseur méta-ordinaire. On fréquente des latitudes moins réelles derrière notre cours organisé. On critique pas le monde incarcéré sans risquer d'évasion. On rattrape pas l'adrénaline de notre liberté sans maturation de ses limitations. On souscrit pas à communautariser nos contestations sans amplifier le plus libre de nos arbitres. On ne limite pas le profil de nos autorisations sans infuser de pluriels libérés.

Par Nolwenn Euzen
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 4 août 2009


On dit qu'un Romain n'avait pas besoin de moi profond pour son identité. La reconnaissance par les autres de sa position et de sa valeur sociale construisait son identité. L'opposition de la profondeur et de la superficialité n'avait pas lieu d'être. C'est ce satané romantisme qui nous a creusé une arrière face. Si l'artiste romantique s'était moins imprégné des gouffres de l'intériorité, repli sur soi, descente en soi même, on aurait pas une littérature si nombriliste et repliée sur le sujet aujourd'hui. D'ailleurs, tant mieux pour elle.  Si près de sa mort la littérature en viendra peut-être à pousser un cri de remord et avouer enfin, qu'elle aurait dû travailler depuis le début pour la communauté. Ce n'était pas la peine d'aller hisser le flambeau de l'écriture et de la lecture au panthéon de la distribution des arts pour finir par couler un flot de bile noire avant de s'éteindre. On préfère la culture collective, la culture qui se vit ensemble. Pas celle des sommes écrites misanthropes, nauséeuses, et par dessus tout, écrites à la première personne. On veut pas de littérature, on veut de la sociabilité. On veut de la culture qui chauffe et pas de textes qui gèlent dans les frigos. On veut pas de privilège littéraire dans la démocratie culturelle qu'on vit. Ca tombe bien, on avait déjà remisé la Princesse de Clèves.


(d'après une lecture piquée de la plaquette "Pour une culture chaude" de Florence Dupont. Michel Baverey Editeur, 1999.)




Par Nolwenn Euzen
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Lundi 3 août 2009


Mais que tarabustait l'auteur avant de remettre à la toile les "Mille et une notes" de ce blog ? La fonction minuscule, texte publié par les éditions Tarabuste dans leur anthologie annuelle 2009. 

Pour attirer la curiosité, et rendre présents ici les trois recherches de Nolwenn Euzen, Présente, La fonction minuscule, les 1001 notes,  plutôt noyaux valides d'une constitution que production d'auteur, quelques extraits de l'ensemble publié dernièrement (références à la page "du web aux livres").



(Moby Dick apparaît dans une histoire de punaises)


ici même à l'instant
j'étais loin de penser
au sujet immédiat

dans la nuit
une punaise
se jette sur ma tête

-

"Mon Dieu ! M. Chace, qu'est-ce qu'il y a ?"
J'ai répondu: "Nous avons été défoncés par une baleine"

-

donc en fait et puis même
je ne quitte pas le plafond
deux antennes
immobile
je me gratte les cheveux
je vais chez le coiffeur

-

" On apporta les journaux et nous vîmes,
dans la gazette de Berlin, que là-bas,
on avait fait monter des baleines sur la scène."

-

la punaise sur le dos
les pattes bougent encore
les branches du chêne aussi

à mon pic d'attention
le commentateur précise
concerto pour piano
c'était chostakovitch

(...)

la voilà qui progresse
sur une page en surplomb
j'extermine son hostilité

de quel mouvement les pattes
sont elles aussi sensibles
c'est impossible de s'en
exterminer

cavalier cabré
lance oblique sur l'oreiller
puis menace aérienne
l'index sur la gachette
je vaporise mes nerfs
elle progresse en sursauts

-

Son nom seul provoquait une telle panique que très peu de chasseurs, parmi ceux qui l'avaient entendu, consentaient à affrionter les périls de sa gueule.

(...)

Par Nolwenn Euzen
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 19 décembre 2008


Vous repensez à vos travées, vos dos serrés, vos linéaires en stabilité. Vous absorbez géométriquement leurs lignes. Vous spatialisez  tenu dans votre espace. Sortez de la mêlée avec l’élan d’une prise, courez le contenu, pulsez son effet, tirez un direct. Acclamation du rythme en bandaison. Bandez bandez rage Flaubert sur le terrain. Carton. Vous sortez du terrain. Vous radiographiez le précipité de vos émotions. Vous reconnaissez la chimie de votre sève. Vous reculez d’un œil. Vous arbitrez sans siffler les parties. Même à l’instant, vous ne pensez pas au sujet immédiat. Vous manquez un direct. Bandez bandez enrage Flaubert.

Par Nolwenn Euzen
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 18 décembre 2008


Comment s’utopiser de la meilleure cause sans glisser de sa poussée ? Si on perturbe, au petit matin sous une toile, les baves d’une colonie d’escargots et limaces en mouvement dans leur humidité, de quoi le bruit de la circulation nous rassure-t-il ? Si le jour se lève, que la rosée sèche, à quelle surface nous abandonnent les gastéropodes maintenant livrés à leurs activités souterraines ? Est-ce qu’on négocie pas avant le visible, avant le balisage des bruits familiers, l’indépendance de nos mauvaises nuits ?

Par Nolwenn Euzen
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

La rédaction

Mille et une Notes

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus