Mon blog migre à cette adresse: http://grandemenuiserie.fr.
A tout de suite!
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l'espace s'ouvre sur seule fidèle faille
dans le furtif cirque infini - son fragmenté de la voix - chute lente de sable et la voix suit le mouvement de la main - et l'espace attrape les sons de la chute -
l'espace s'ouvre sur seule fidèle faille
il et voix il se et voix il et voix il se et voix il se et voix et se et voix il et voix
deux voix à la surface du loin
des bruits débris de bruits bruit des bruits débris de bruits – nos norg nioch – avance silence – bruit des bruits débris de bruits bruit – bruissement – silence danse avant nuit – nocte noche nacht night –
une voix puis une autre voix déclinent l'écho – terre terre ombre ombre et terre terre - jusqu'à la nuit – deux voix au bord de
l'espace s'ouvre sur seule fidèle faille
seule une voix raconte la chute du sable un bras se lève une main trace un arc sonore dans le ciel - une voix ouvre chaque grain de sable et
la voix sans but scribe l'espace du vent - herbe herbe nuage herbe ciel – voix fileuse de – nos norg nioch – le bleu avant danse – débris de bruits – silence - voix avant nuit – nocte noche nacht night
et le son et les sons tracent le chiffre du vertige
et les sons tournent dans la poussière et une voix dévrille le silence - autour l'autre voix devient ombre - avant nuit traîne – nocte noche nacht night – dans le furtif cirque infini
ana nb
Nous avons cherché une piste commune, Ana et moi, autour du son et de la musique. C'est la langue qui est venue. Sans thème, sans contrainte, la langue comme nous avions envie de la parler. De la ponctuer, de l'espacer. Nous n'avons pas fixé de piste, pas cherché plus. Il suffit d'un espace libre pour que les voix se croisent, se ramifient "dans le furtif cirque infini". Mon texte à côté, chez Ana, passez ici http://sauvageana.blogspot.fr/ Toutes les autres voix des vases communicants du mois de juillet sont par ici, par là, et encore un peu plus loin ... link
N.E.
Christine Jeanney http://tentatives.eklablog.fr/ce-qu-ils-disent-c138976 et André Rougier http://andrelbn.wordpress.com
Danielle Masson http://jetonslencre.blogspot.com/ et Euonimus Blue http://polymorphiesduquotidien.blogspot.fr/
Nolwenn Euzen http://nolwenn.euzen.over-blog.com/ et Ana NB http://sauvageana.blogspot.fr/
Sabine Huynh http://www.sabinehuynh.com/ et Christine Leininger http://les-embrasses.blogspot.fr/?m=1
Mathilde Roux http://www.mathilderoux.fr/ et Natanaël Gobenceaux http://noteseparses.wordpress.com/
Christopher Sélac http://christopherselac.livreaucentre.fr et Justine Neubach http://justineneubach.fr/
Christophe Grossi http://kwakizbak.over-blog.com/ et Emmanuel Delabranche http://apeineperdue.blogspot.fr/
François Bon http://www.tierslivre.net et Pierre Ménard http://www.liminaire.fr
Juliette Mezenc http://www.motsmaquis.net et Maryse Hache http://www.semenoir.typepad.fr
François Bonneau http://irregulier.blogspot.fr/ et Lucien Suel http://www.academie23.blogspot.fr/
Dominique Hasselmann http://doha75.wordpress.com/ et Pierre Cohen-Hadria http://www.pendantleweekend.net/category/pierre-cohen-hadria/
Maryse Vuillermet http://www.maryse-vuillermet.fr/ et Gilles Bertin http://www.lignesdevie.com/
chez Jeanne http://www.babelibellus.fr/ et Xavier Galaup http://tikopia.wordpress.com
Camille Philibert-Rossignol http://camillephi.blogspot.com et AnyhonyKing http://writtenworkby.wordpress.com/
Claire Spacial http://languesdefeu.hypotheses.org/ et Marie-Anne Paveau http://penseedudiscours.hypotheses.org/
Déborah Heissler http://deborahheissler.blogspot.fr/ et Anne Savelli http://fenetresopenspace.blogspot.fr/
Louise Imagine http://louiseimagine.me/ et Isabelle Pariente Butterlin http://www.auxbordsdesmondes.fr/
Hélène Verdier http://louisevs.blog.lemonde.fr/ et un promeneur http://2yeux.blog.lemonde.fr/
Franck Queyraud http://flaneriequotidienne.wordpress.com et Brigitte Célérier http://brigetoun.blogspot.com
Ma tête est une souche, mon corps une odeur vague, je brûle de parler debout, d'une voix haute et claire, d'une seule voix en fait.Avant je leur ai donné carte blanche, pour autant je ne suis pas ventriloque, j'atteins à présent les limites d'une cohabitation surpeuplée, te refile l'eau du bain et les sirènes aussi.Leur chant résonne un moment puis gargouille, se noie à présent dans les tuyaux de canalisation.Alors pour que les choses redeviennent claires, que les douleurs trop vives s'estompent, j'en appelle au concret, à l'ordre, à la raison, te renvoie à cette misérable trinité, à sa fucking banalité. Tu apprendras les mots tempérés comme la gestuelle réservée du commun des mortels, ne te baladeras plus toute nue le coeur par dessus-tête, parce-que tu vois il n'existe pas de passe-droit, pas de bakchich pour un exit.Les gens vivent, enfin c'est plus ou moins bien imité, à chacun sa technique, camouflage, combat, survie, j'ai pas le kit.Parfois il s'éternisent, heureusement un beau jour ils meurent, leurs amours aussi mais pas en simultané, jamais, je sais c'est mal fait.Donc toi aveuglément tu chercheras les surfaces tangibles, ce qui se touche avec les doigts, ne se dérobe sous les pas.Je vais lâcher ta main, ne m'enfoncerai pas plus loin avec toi, ne te regarderai plus tomber ni surtout te jeter dans la gueule du loup.Animal mort sort de ce corps, la cage est restée ouverte.Parce-que tu es pire qu'une fumerie d'opium à toi toute seule, j'ai adoré mais je n'y parviens plus, marre de ton chaos perpétuel, envie de te tordre le cou et qu'est-ce qui me retient après tout mon amour.Tes yeux longtemps se sont fixés sur moi.Le soleil comme l'azur sont à double tranchants, te donnent des idées noires, t'éclaboussent de mélancolie.Ta vie est un dragon qui souffle sur ma tête, brûle tout sur son passage alors je cherche terre au milieu des décombres, me rattrape à ses bords.Ici mais seule sans toi pas le choix, si je veux rester avec les autres, ceux qui filent droit, ne sont pas encore trop brisés par le monde civilisé.M'étendre juste un instant sur le bord de la route, tenter de reprendre le train, retrouver le moment précis où j'ai sauté sans rien préméditer, sans même savoir marcher, c'est si loin.Les autres n'y ont vu que du feu et ce n'est pas moi qui te tendrai un jour la mèche.Je veux ravaler mes sanglots, garder les yeux secs, les ouvrir sur le monde et regarder tourner les images du kaleïdoscope sans vertige, sans me perdre en fragments, sans voler en éclats.Cracher ce goût de gerbe qui remonte d'on ne sait où pour venir s'échouer si souvent sur tes lèvres.Je veux des fraises sauvages, un regard d'enfant sage, une barbe à papa, des choses qui ne s'en vont pas.Je veux m'endormir avec eux, contre lui, pour cent ans et d'un sommeil de plomb, revenir aux temps d'avant, à l'innocence, au premier flash.Just one shot my love, quitter la démesure comme le noir de la chambre.Ils m'ont badigeonné le pouce d'un truc jaune dégueulasse et c'était pas du jeu mais qu'importe l'empreinte a dessiné la bouche.Pour me déchirer un peu plus, te trouver des excuses, tu diras que la réalité a perdu son sens, nous dépasse à s'en rendre malade, que les choses ont explosé depuis longtemps, sont peut-être même déjà mortes ou décomposées, comme la mémoire collective usée de trop de larmes ne tient plus qu'à un fil.On n'en voit plus la trame, devenue trop mince, elle ne filtre plus rien.Bref que cette sorte de folie en dedans déployée t'a sans doute jusqu'ici dissociée mais aussi protégée et maintenue en vie ou juste à la lisière. Je ne pourrai pas dire non, te répondrai que je suis simplement épuisée par toutes ces choses colorées qui explosent, se déchaînent puis roulent comme des billes enflammées devant mes yeux avant de sombrer dans la jungle phosphorescente plus bas sous les paupières.Fatiguée de ton coeur bandé comme un arc et toujours si près de se rompre, de ton ivresse en bandoulière comme la respiration artificielle, saccadée, pleine de secousses foireuses, ça brûle et ça cogne le long de mes tempes, pas loin d'y poser deux doigts et bang.Bancale et boiteuse je m'efforce de quitter les lieux.A cloche-pied tu dessines une marelle puis t'élances, sautes par-dessus mon ciel mais c'est lui l'incendiaire au regard trop sombre qui te baise, y jette ses derniers feux.
Céline Renoux
Commencé à ajouter un espace après le point dans le texte de Céline, et puis non, c'est pas à faire me suis-je dit. C'est pas un texte pour espace entre le point et la majuscule.
J'aime bien quand Céline dit qu'elle est usée d'avoir écrit ce texte ce matin et j'aime bien que son texte attérisse là à peine relevé de son souffle. Si elle m'avait raconté cette histoire, j'aurais sans doute fait deux trois tours sur moi-même à réfléchir, à la lisière. Mais Céline au contraire, mon histoire comme celle là ou comme une autre, elle aurait pensé qu'il fallait pas chercher à comprendre, que "la vie est un dragon" ou "que les choses ont explosé depuis longtemps". Ou bien elle m'aurait juste regardée de ses yeux clairs et dit quelque chose de gentil avec sa voix à la lisière. C'est son album photo "I demand reality, I'm going mad" qui m'a donné envie de lui proposer cet échange, un album composé sur facebook, peuplé d'hommes fragiles, fatigués. Une galerie éloquente qui m'interpelle. Mon texte est sur son blog à cette adresse http://lafilledesastres.com/. Et tout ceci a lieu pour les "vases communicants" du mois de juin* dont les auteurs sont à retrouver ici http://rendezvousdesvases.blogspot.fr/, là http://www.scoop.it/t/les-vases-communicants, et là http://brigetoun.blogspot.fr/. Le principe est simple: le premier vendredi du mois chacun écrit sur le blog d'un autre.
Régulièrement je vais faire un tour sur le blog que tient Christophe Sanchez, http://www.fut-il.net/. Son timbre, ses images, sa phrase, sa colère et sa douceur, c'est étonnant comme tout cela enveloppe. Peu importe de savoir ce qu'il fait vraiment dans la vie, ce qu'il aime, ou ses grandes lectures, il vous a flanqué Ionesco en tête de son blog et ne veut pas en dire beaucoup plus. Entre Ionesco et les nombreux lieux d'écriture de blog suivis par Christophe pas d'écart, tout s'entend dans sa belle vitalité numérique. Je reçois "c'était ton sang" ici et lui mon texte " Ici s'écrase ailleurs" chez lui : http://www.fut-il.net/.
C’était ton sang. Trop facile l’allégorie, trop facile d’être en comparaison, pour nous chrétiens qui bénissons chaque dimanche le liquide divin. Mais je l’ai senti si fort couler dans tes veines, saillir tes pensées à chaque fois que tu prenais dans ta bouche le fruit de tes tranchées. Tu l’as mérité ton vin divin, ta gorgée de rouge multipliée à souhait chaque demi-heure de chaque journée. Tu t ‘es usé perché aux quatre vents sur des coteaux arides, tu as frappé ta terre comme si tu voulais la crever de ton désespoir d’être. Que d’outils usés, morts au combat après avoir été maintes fois rafistolés comme tes pioches et leur bout de vieux chiffon dépenaillé qui fixait le sarcloir démis ! Que d’outils, véritables armes de résistant, tu auras laissés là haut dans ta cabane de vigneron se décomposer et mourir comme tu es mort !
Tout en toi épousait la terre, tout en toi avalait le ventre de ces rangées que tu voulais si belles et rectilignes, débarrassées de tout chiendent nuisible. Tu la voulais tienne, ta terre, fierté d’un peuple de paysans, productrice de ton sang, génératrice de vie, de ta vie. Et tu as grandi et tu as vécu, et tu as péri dans et par ces terres. Le vin, ton sang. La vigne, ta religion.
Fils de, j’aurais dû me plier à l'usage. Me faire calife à la place du calife perché sur mon trône rural qui n’était autre qu’une benne dégueulant le fruit gorgé de ton sang. Du sang vinificateur, purificateur dans ton regard de père fier d’une descendance bien installée dans la descendance. Il en fut de chaîne en chaîne autrement. J’ai roulé ma bosse ailleurs, repoussant les travées ensoleillées qui ont métastasé ta peau, préférant le col blanc et le costume sombre au bleu de travail crotté par le schiste boueux.
J’étais jeune et con. Tu l’as marmonné plus d’une fois dans ta barbe. J’étais jeune et con et malgré ce, j’ai usé des jeans et des godasses sur tes terres qui m’étaient étrangères. En résistance, je t’ai maudit en amour. Et c’est avec le ventre lourd que j’ai suivi quelques uns de tes pas, parce qu’il le fallait, parce que ça faisait vriller ton œil gauche et cligner le droit de plaisir. Me voir avec toi, gravir les pentes tous deux agrippés à chaque cep comme des piolets de haute-montagne, c’était ta came, c’était ton accomplissement de père. Rien à faire des après-midis de grand vent ou des matins brumeux à se les cailler fermes. Rien à faire, rien à jeter, tout à se rappeler, temps à fixer sur l’image maladroite de ta bouteille planqué à l’ombre d’un figuier. Rien à boire sauf ton éthylisme à jeun. Toute une partie de ma vie est là dedans, dans le dedans du dedans, dans ta terre tant aimée. N’aies crainte, tu auras marqué de et par ton sang ma mémoire, à jamais rompu mes jeux de fieffé citadin à la gueule grande ouverte, jactant sur les pouilleux arrimés à leur barrique.
Aujourd’hui, je suis vieux et con. Longtemps que ton sang est séché au fond d’un caveau plein d’eau, décoré d’une cravate, d’un col blanc et d’un costume sombre. Si j’avais su tes terres, j’aurais couché près de ton corps une bouteille de vin rouge et une pioche finie d’un chiffon dépenaillé.
C.S.
Vases communicants: le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre
Les autres échanges de mai:
Claudine Sales http://colorsandpastels.wordpress.com/ et Isabelle Pariente-Butterlin http://www.auxbordsdesmondes.fr/
Marie-Anne Paveau http://penseedudiscours.hypotheses.org/ et Delphine Regnard
http://enseignant.hypotheses.org/
Louise Imagine http://louiseimagine.me et Joachim Séné http://joachimsene.fr/txt/
Mathilde Roux http://www.mathilderoux.fr Jean-Christophe Cros http://www.boat-a-idee.com
Sabine Huynh http://www.sabinehuynh.com et Deborah Heissler http://deborahheissler.blogspot.fr
Christine Leininger http://les-embrasses.blogspot.fr et Éric Dubois http://www.ericdubois.net
Maryse Hache http://semenoir.typepad.fr/ et André Rougier http://andrelbn.wordpress.com/
Ana NB http://sauvageana.blogspot.fr et Guillaume Vissac http://www.fuirestunepulsion.net/spip.php?rubrique1
François Bonneau http://http://irregulier.blogspot.fr/ et Christophe Grossi http://http://kwakizbak.over-blog.com/
Anne Savelli http://fenetresopenspace.blogspot.com et Pierre Cohen-Hadria http://www.pendantleweekend.net
Franck Queyraud http://flaneriequotidienne.wordpress.com/ et Pierre Ménard http://www.liminaire.fr/
Nolwenn Euzen http://nolwenn.euzen.over-blog.com/ et Christophe Sanchez http://www.fut-il.net/
L.Sarah Dubas http://lsarahdubas.over-blog.com/categorie-12213560.html et Christopher Sélac http://christopherselac.livreaucentre.fr/categorie/vie-litteraire/vases-communicants-vie-litteraire
Hèlène Verdier http://louisevs.blog.lemonde.fr/ et Dominique Hasselmann http://doha75.wordpress.com/
Camille Philibert-Rossignol http://camillephi.blogspot.fr/ et Xavier Galaup http://www.xaviergalaup.fr/blog/
Xavier Fisselier http://xavierfisselier.wordpress.com/ et Allerarom http://revelittoral.blogspot.fr/
Caroline Gérard http://cousumain.wordpress.com/ et Benoît Vincent http://hors-sol.net/ ou http://www.amboilati.org/chantier
Danielle Masson http://jetonslencre.blogspot.fr/ et Brigitte Célérier http://brigetoun.blogspot.com
Déjà le premier vendredi de février, et bonne surprise, l'heure du rendez-vous des Vases communicants. J'échange,
partage un bout d'intimité, les mots de Danielle Masson. Nous avons mijoté autour de trois mots qui venaient entre nous: "Se couvrir, s'exposer, s'ouvrir". On peut suivre Danielle, alias "32
octobre" derrière son nom, sur son blog: http://jetonslencre.blogspot.
Pour se présenter dans l'écriture elle dit: "j’ai pris l’habitude de poser depuis des années, sur des cahiers, carnets encore là ou perdus au fil des déménagements ou des ruptures de vie / j’aime recevoir, les écrire, les partager / je n’ai pas rêvé je suis encore vivante"
SE COUVRIR, S'EXPOSER, S'OUVRIR
« L'anéantissement de tous les mondes équivaut
Trois mots pour dix-sept jours de mijotage.
Et ces trois mots à la forme pronominale… complètement différents avec ce se ou s’ devant.
Ils sont tout autres.
Entrons en cuisine.
Prendre une grande casserole… non… une petite casserole… car les trois mots seraient perdus.
Donc prendre une casserole transparente, vous savez, en une sorte de verre, pour les voir s’agiter, nager, reprendre leur souffle, monter à la surface, se bousculer, frémir, bouillir, suffoquer… enfin vivre.
Donc, vous avez en main une jolie casserole, dont le calcaire n’aura pas obscurci les parois… pas comme celle qui voit depuis maintenant 532 jours un œuf nouveau se trémousser tous les matins pour être dégusté à la coque.
Donc, dans la casserole susdite, verser de l’eau et mettez-la à frémir puis déposer délicatement le mot couvrir… pardon se couvrir…. Certainement, un appel pour coiffer, d’un couvercle, la casserole afin d’éviter toute évaporation ou débordement du mot. La casserole craint aussi de s’enrhumer. Par les temps qui courent, normal. Un chaud et froid est vite arrivé.
Mais il se trouve bien seul le mot.
Il flotte, il tourne en rond, il fait la planche, il plonge au fond de la casserole, mais il est malheureux. La solitude ne lui donne pas bonne mine.
Tout d’un coup, que voit-il passer, le mot s’exposer…
Ce dernier fait le beau. Il s’affiche, il est en train de virevolter autour d’une orchidée aux 32 boutons prêts à éclore. Normal, elle le mérite bien.
Se couvrir tape à la paroi de sa maison-casserole, tente d’attirer son attention. s’exposer fait un dérapage contrôlé, ouvre grand son seul œil, le O, vous aviez deviné et s’interroge. Il est à l’air libre, il se pavane, mais, après tout, un peu de chaleur ne lui ferait pas de mal. Il ne s’interroge pas plus, soulève délicatement le couvercle de l’aquarium miniature et plonge avec délice dans l’eau qu’il trouve à bonne température, en espérant que les degrés ne vont pas trop s’élever. Pas envie de se transformer en écrevisse.
Se couvrir et S’exposer font plus ample connaissance et échangent leurs impressions et s’extasient de concert sur la beauté de l’orchidée dendrobium.
L’histoire pourrait s’arrêter là. Ils auraient pu continuer à tourner en rond, à comparer les expressions dont ils sont ingrédients. Mais le niveau de l’eau baisse… ils grelottent… l’eau ne frémit plus, ne bout pas, heureusement pour eux qui seraient passés de vie à trépas. Ils commencent à s’inquiéter.
Tout d’un coup, une main apparaît, s’empare du manche de la casserole. Ils craignent pour leur vie de mot.
Ils se trouvent transportés, brinqueballés et tout d’un coup leur prison dorée s’ouvre.
Ils reprennent espoir.
Mais branle-bas de combat, ils se retrouvent tête par-dessus cul, descendent le toboggan de l’eau qui coule pour arroser la fameuse orchidée qu’ils admiraient et s’affalent, s’étalent à son pied. L’un couvre sa terre, l’autre s’expose.
Excusez cette histoire… sans queue ni tête… juste pour vous présenter cette orchidée qui, après s’être couverte de boutons, les ouvre et s’expose.
Admirez-la !