Mardi 3 juin 2008


On se cadre de quatre bords noirs rectangulaires pour s’empêcher dans les lieux publics. On se protège contre la maladie grave et douloureuse que le corps pourrait produire dans cet environnement. On se mêle autoritairement de la santé de nos oignons. On pleure, pas tout à fait à l’abri dans cet oignon.

 

On tend à se mettre en boule contre ce qui nous déforme, on s’atomise. On change d’échelle à mesure qu’elle nous donne une idée adéquate. On se trouve plus fécond dans l’enfance qu’ailleurs. On ne se sent puissant qu’à la mensuration King-Kong.

 

On s’héroïse dans nos quatre bords rectangulaires. Un regard diabolique défonce le cadre pour y échapper. On défonce au burin l’idée cimentée, peu en importe la santé. On se dégaine pour triompher, le crime conquérant les quatre bords noirs rectangulaires.

par Nolwenn Euzen
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Lundi 2 juin 2008

Imaginez  trois éléments comme:

 

une mouche morte

 

un boîte de mouchoirs blancs cubique, telle qu’en se penchant sur la boîte pour attraper le mouchoir qui en sort (à la manière d’une petite flamme de cellulose) le regard plonge dans les fleurs, représentées sur les faces du cube. Roses, arums et lys, ouverts et au regard tels qu’on les regarde pour les sentir : par-dessus. Et toujours la flamme de cellulose qui s’exhume en douceur du bloc cartonné à la base duquel est écrit sur chacune des faces le mot « Plénitude » en lettres capitales, suivi de trois points de suspension en dessous et du mot « Plénitude » reproduit, cette fois-ci, de manière tronquée et d’une couleur pâle

 

un livre blanc intitulé « Vers le concret », sous-titré : « Etudes d’histoire de la philosophie contemporaine : William James, Whitehead, Gabriel Marcel », écrit par Jean Wahl et publié par l’éditeur Vrin dans sa collection « Histoire de la philosophie »

 

 

On peut imaginer assez facilement chacun de ces éléments sans en connaître plus sur la mouche que sur une boîte de mouchoirs ou la philosophie contemporaine.

 

Mais pouvez-vous imaginer les trois choses ensemble ?

 

 

Construirez-vous pour cela  une intrique policière : chacune des choses joue au cache-cache / suspense avec les autres ? Ou bien préférez-vous leur roman sentimental : chacune des choses s’aimante à l’autre pour boire le lait de l’aimantation ? Tracerez vous plutôt un plan avec règle et mesures dans l’équation d’un rapprochement de principe ? Jetterez-vous ces éléments au flash dans votre espace ?

 

 

Si l’enquête vous intéresse, voici une piste mon cher Watson. (La différence entre Sherlock Holmes et Watson, c’est que Sherlock a horreur du mince. Il dit à ses indices : « ce n’est pas assez » et cherche, au nom de la résolution de l’enquête, une sorte de spatialité.)

 

…La mouche morte a été frappée par le livre intitulé « Vers le concret » …au moment où la main allait saisir le mouchoir qui germait de la boîte au dessus du mot « Plénitude » et des motifs de fleurs….

 

Imaginez en 3 dimensions la trajectoire de la mouche, pensez à la sensation de se sentir sentant grâce à la boîte de mouchoirs, ou bien concret dans l’expérience, dans la gangue de Vers le concret : vous saisissez le sens de la spatialité. Elémentaire, mon cher Watson.

 

Au fait : si vous cherchez toujours… c’est que vous avez trouvé.

par Nolwenn Euzen
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Dimanche 1 juin 2008


Que reste-t-il si, pour la raison qu’un produit de consommation l’ignore, on le déveste de son emballage ? Que reste-t-il si, pour la raison qu’on lui a pas trouvé de meilleure place dans l’environnement, on se refuse à le jeter ?

 

Que reste-t-il si, pour la raison qu’on a rien compris aux problèmes du pouvoir d’achat, on dégriffe tous les produits ? Se sent-on plus utile à l’achat sans acheter ?

 

Que reste-t-il si, pour la raison que l’emballage nous drague le cerveau, on se conditionne préemballé ? Que reste-t-il si, pour la raison qu’on aime se produire à l’extrême dans notre environnement, on lui donne plein pouvoir à nous gagner ? Que reste-t-il si on se consomme jusqu’au pouvoir de consommation ?

 

Que reste-t-il si, pour la raison qu’on ne veut pas se le dire, on empire dans le pire de ce qu’on tombe. Que reste-t-il si, pour la raison qui nous tombe, on se décide au reste de ce qu’on peut.

 

Que reste-t-il si, pour la raison qu’on ne peut pas en dire plus, on ne s’en dit plus rien.

par Nolwenn Euzen
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Mardi 27 mai 2008

On se donne à notre original avec plus ou moins de jeu. On se sent reconductible dans un cliché, le portrait nous est dédié. On repousse sur le culte de ce qui nous sème.

 

On se sent mieux proportionné sans emplacement réel, on se fait place sans pousser. On ne se destine pas à être vu bien qu’on pèse dans l’exposition.

 

On s’imagine à des milliers d’exemplaires sans étouffer. On masse son occurrence sans consommer de l’existence en série. On fait signe en chair sans chérir nos os.

par Nolwenn Euzen
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Lundi 26 mai 2008

Quelle taille faut-il aux objets cursifs pour graver leur point de vue ? Quelle durée du marquage en étire la butée ?

Quelle viscère trique au rapace éventré, quoi d’autre nous tient à l’homme décervelé, à quelle distance la cycliste avance-t-elle de sa carte ? Quelle campagne bourlingue dans leurs contrées ?

Quel ralenti bouge la lenteur de la chose regardée ? Est-ce la patience qui débusque les corsets ? De quelle urgence bottons-nous dans la peur ?

par Nolwenn Euzen
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Mardi 20 mai 2008


Yves Klein

On crépite du bruit de l’air dans nos poumons ou de celui des os de nos ancêtres. On a pas crépi le crépuscule. On tient encore en captation.

 

Poils capités sur le capitole capitaliste, on capitonne on capitonne. On capitonne le capitaine de l’ensemble de ses capitons.

 

Caput, on déboutonne les réserves sous le capot. On envoie notre capitan capiteux au capitanat du capital-risque. On cogne contre sa capitulation.

par Nolwenn Euzen
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Lundi 19 mai 2008


Gerwald Rockenschaub

De quelle superpromotion la pupille nous dilate la vision ? Devant quelle vitrine léchons-nous la bobine ? A quelle proportion de solde cédons nous l’attention ?

 

De quel angle clignons-nous devant un fait ? A quelle distance la vue ne se tasse-t-elle plus ? Quelle perspective nous cavale le point de vue ?

 

Quel étirement grimpe au télencéphale ?  Quelle rançon de l’œil au sommet des points de vue ? Quel butin nous règne la cornée ?

par Nolwenn Euzen
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Dimanche 18 mai 2008


Bernard Venet



On ne se traverse pas en direct.

 

On ne vrombit pas au moindre moteur d’action.

 

On ne se rapporte pas au hasard à son possible.

 

 

On se converge de convergences, on se secondarise de complexités, on se sous-produit les parties, on se concurrence les états, on s’indispose la perception.

 

 

On s’épile le détail superflu. On se gâte l’inapproprié. On se blanchit l’excès.

On ne se futurise pas dans tous les projets. On ne colorise pas tout le spectre. On ne s’écoute pas à tous les fauteuils de l’orchestre.

 

 

On trime à se tramer le possible. On se surabonde aux rapports environnants. On s’ultraviolise du pénétré.

par Nolwenn Euzen
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Vendredi 16 mai 2008

Michel Jouët, Ordre et volupté

 

Les sonneries du téléphone coupent le pan silencieux de notre imprégnation verbale. Sauté dans notre fluidique concentration, on s’intensifie la racine du mot à la bouche, on y joint conviction à l’usage extensif de la sensibilité. On se promeut phatique sur la scène sonore : allo allo ?

Puis on grippe toute son intensité sur l’émission. Autour nous arrache au marteau-piqueur de la conversation. On avance au mouvant de nos paroles tenté par la berge. On surnage. On se conduit au dessus de la vitesse limitée. Sans contre-verbalité on s’autorise la piste.

On raccroche en retenant le résultat silencieux du match auditif. On s’imprègne des belles passes, on s’alerte des manqués. Finalement on se reporte au mérite de la partie. On marque. Ce qu’on rajoute pour se gagner est indéfinissable.

par Nolwenn Euzen
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Jeudi 15 mai 2008


Odile Duboc

Qu’on plonge dans le vide d’un saut pour en piquer l’action. Qu’on se dégravitalise dans le photomaton de la chute. Qu’on se photomonte pour ne pas tomber mais s’amortir en vol.

 

Qu’on célèbre l’aventure d’une force jetée. Qu’on soit plus convaincant frémissant sans assistance que doré à la feuille posé sous une dalle. Qu’on ferme les yeux à notre discrétion, qu’on lévite dans les pans devant l’inconsidéré.

 

Qu’on s’obsède à dégripper nos domaines de leur trop de réalité, qu’on se nécessite la nécessité, qu’on s’intégrite l’intégrité à l’intégrale de son point de vue.

 

Chauds dans le vide, on se résume à notre équipe de garde prête à s’évanouir. Une lance dans l’éponge bleue et la raison cursive.

par Nolwenn Euzen
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