Mercredi 2 avril 2008


H.R. Fricker, Place of places



On a toujours besoin d’encadrer le motif passé devant notre cadran. Parfois même on sait plus si on est Gros minet qui court inlassablement après Titi ou l’enfant de trois ans à l’affût de la course de Titi et Gros minet, ou lequel des bolides, celui qui s’échappe ou celui qui poursuit, dans la course-pousuite de notre meilleur feuilleton.

 

On court tous après Daphné quand Apollon la suit bien qu’on sache depuis un temps mythologique qu’elle finit en laurier.

 

On éponge tous le vivant depuis le protozoaire de notre conception. Le moteur de nos engins ronfle à plus ou moins grand bruit dans l’artère familière. On suspend dans la cabine des objets de plus ou moins bon goût pour distraire nos conduites. On exclame grossièrement la situation à la moindre approche de verbalisé.

 

On se décrit plus finement dans le portrait en petit calibre qu’en poids lourd mais on en éprouve pas la même satisfaction. Parfois on se peaufine à la finesse du phasme mais je s’entrouble.

 

On préfère tous allez voir ailleurs surtout si on y est pas. Mais si vous me faites un cadeau je n’aime rien dans les autres que vous. Et si vous n’y êtes pas je suis les autres partout. On foule interminablement le motif sans fléchir du cadran.

 

 

par Nolwenn Euzen communauté : Poésie contemporaine
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