Par manque de recul, c'est-à-dire de l’intérieur, ou à cause d’un recul excessif, par dégagement, le champ contemporain de la poésie me saute aux yeux comme un bêtisier. Sans doute revèle-t-il par là sa spontanéité et sa vivacité. Mais quelque chose dans la prise d’appel qu’il exerce sur moi résiste au rire. M’en dispense la colère, tout autant.
Voici cependant une leçon d’anatomie que mon assiduité des lectures de poésie m’a donnée à expérimenter : « écrire avec le corps ».
Sans avoir l’esprit grippé dans les anthropométries d’Yves Klein, ou stasé dans le monochrome corporel d’une quelconque pensée, l’idée d’écrire avec le corps proprement dit m’a clouée dans le
vide et épongé la sensibilité. Stase d’agacité.
On peut projeter le corps dans le discours mais pas dans le monocouche de sa pensée. A moins de se faire le corps-objet de sa propre pensée. Corps bifurqué de son penser, corps projeté à blanc.
Je préfère lever le petit doigt pour penser que l’index pour me corporifier. Et si j’écris en parlant du nez j’entendrais sans doute différemment mon anatomie pour l’écrire. Il suffit de penser plus loin que le bout de son …