Michel Jouët, Ordre et volupté
Les sonneries du téléphone coupent le pan silencieux de notre imprégnation verbale. Sauté dans notre fluidique concentration, on s’intensifie
la racine du mot à la bouche, on y joint conviction à l’usage extensif de la sensibilité. On se promeut phatique sur la scène sonore : allo allo ?
Puis on grippe toute son intensité sur l’émission. Autour nous arrache au marteau-piqueur de la conversation. On avance au mouvant de nos paroles tenté par la berge. On surnage. On se conduit au
dessus de la vitesse limitée. Sans contre-verbalité on s’autorise la piste.
On raccroche en retenant le résultat silencieux du match auditif. On s’imprègne des belles passes, on s’alerte des manqués. Finalement on se reporte au mérite de la partie. On marque. Ce qu’on
rajoute pour se gagner est indéfinissable.
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